Juste la fin du monde
du 9 au 18 juin 2016

Juste la fin du monde

de Jean-Luc Lagarce, mise en scène Julie Duclos, avec Marina Cappe, Lorry Hardel, Antoine Laudet, Pauline Parigot, Florent Pochet de l'ensemble 23

 

jeudi 9 à 20h et vendredi 10 juin à 22h à Marseille - IMMS Salle Michel Corvin  /  entrée libre sur réservation au 04 88 60 11 75 ou eracmarseille@orange.fr

 

jeudi 16 à 20h, vendredi 17 à 22h et samedi 18 juin à 17h à Paris - La Colline Théâtre national  /  entrée libre sur réservation au 01 44 62 52 00

 

Juste la fin du monde est une histoire de famille, porteuse de situations fortes et extrêmes. Un jeune homme revient dans la maison de son enfance, pour annoncer à sa famille – frère, sœur, mère - sa mort prochaine. Il ne dira finalement rien, ce sont les autres qui parleront.

« Ils auront peur du peu de temps et ils s’y prendront maladroitement, et ce sera mal dit ou dit trop vite, d’une manière trop abrupte, ce qui revient au même, et brutalement encore (…) je sais comment cela se passera et s’est toujours passé» dira la mère au fils.

Presque un programme. Elle ne se trompera pas. L’enjeu des retrouvailles, les non-dits passés, les remords, le ressentiment, chaque personnage vivra cette journée à sa manière, s’exprimant comme il peut, c’est-à-dire en bloc, en vrac, longuement, avec des détours ou au contraire frontalement, face à Louis, témoin silencieux de tous ces mots. Celui qui venait pour dire et finalement se tait. Flot de paroles suscitant le silence, ou peut-être l’inverse, silence de Louis laissant la place aux autres.

« Ce que je pense (et c’est cela que je voulais dire) c’est que je devrais pousser un grand et beau cri, (…) hurler une bonne fois, mais je ne le fais pas, je ne l’ai pas fait »

 

C’est d’abord l’histoire d’une absence, d’une disparition. Le fils ainé a quitté la maison, donné des nouvelles de temps en temps (de succinctes cartes postales), mais on ne l’a plus vu, pour des années. Quelque chose semble avoir été brisé par ce départ, comme une brèche traçant son sillon dans le devenir familial, dans les corps des uns et des autres. Le retour de Louis réactive de manière brûlante ce qui - pour vivre au mieux avec l’absence - avait dû être endormi, enfoui. Que reste-t-il entre les êtres, après tout ce temps ? Chaque personnage se confrontera à Louis, à sa façon, c’est à dire avec ses attentes, ce qu’il s’était promis de dire mais qu’il taira peut-être, ce qui surgira dans l’instant, ce qu’il faudra contenir, passer sous silence. Juste la fin du monde est le dessin de cette journée, cette traversée où des êtres devenus étrangers, tentent comme ils peuvent, de reprendre le fil d’une histoire interrompue.

 

Julie Duclos