• Ainsi parlait Che Nawwarah
    du 24 au 25 nov. 2014
    Salle Seita - Friche Belle de Mai

    Ainsi parlait Che Nawwarah

    les 24 et 25 novembre à 19h - Salle Seita - la Friche la Belle de Mai - Marseille / dans le cadre des Rencontres à l'échelle organisées par les Bancs Publics

     

    Lecture mise en espace par Thomas Gonzalez et Yann Métivier 

    Avec Julie Cardile, Théo Comby-Lemaître, Nina Durand-Villanova, Marianna Granci, Florine Mullard, Paul Pascot, Thibault Pasquier et Laurent Robert, élèves-comédiens de l'ensemble 22


    Nous ne savons pas ce que veut dire "jeunesse" dans l'absolu, et nous n'avons qu'une vague idée des "révolutions", mais il s'agira peut être de cela avec les élèves de troisième année: tester ce que la littérature d'un "jeune" "auteur" "égyptien" interroge d'énergie, de colère, d'impuissance et d'intelligence quand le récit de nous-même s'agite, s’effiloche et se carbonise au soleil de l'Histoire qui se précipite; que choisirons nous d'en raconter? Comment ? et surtout... à qui?

     

    La pièce : Si il est entendu que les révolutions appartiennent à ceux qui savent en goûter le récit, alors, dans la grande miséricorde de Dieu, Khalid Nawwarah déblatère juste pour toi, tête de veau : entends comment il bascula dans l’Histoire, comment il en dégringola et se retrouva planté entre les fesses d’un très saint homme, ou tout comme. Qui et quoi que tu sois, espion, client exigeant, ayatollah mineur ou simple béotien, ferme-la et écoute comment le printemps révolutionnaire joua jusque dans les synapses déjà mal en point de notre héros, et tant pis si les récits s’embrouillent, les figures se brouillent, sois en sûr, à la fin, c’est écrit, Dieu reconnaitra les siens.

     

    Thomas Gonzalez est acteur, et parfois metteur en scène. Il joue ou a joué, parfois à plusieurs reprises, sous la direction de Stanislas Nordey, d’Hubert Colas, de Christophe Haleb, d'Yves-Noel Genod, de Jacques Vincey, Thierry Bédard, et d’autres. Bientôt il jouera à nouveau pour Stanislas Nordey, se déshabillera pour Yves-Noel Genod, dansera pour David Wampach, chantera pour François Chaignaud. Il met en scène des projets bizarres, et ce, de temps en temps, dans le cadre des rencontres à l’échelle; projets le plus souvent relatifs à des écritures singulières, qu’il estime singulières, et si possible avec la présence de l’auteur. Ce qui ne sera pas le cas ici. Il a trouvé en Yann Métivier un partenaire fort précieux avec lequel il travaille d’ailleurs à la production de « Genèse n°2 » d’Ivan Viripaev, prévu pour 2016.

     

    Yann Métivier est lui aussi acteur, metteur en scène, et également auteur. Il joue sous la direction de Jean-Claude Berrutti, François Rancillac, Mathieu Cipriani et d’autres. Il met en scène parfois ses propres textes, parfois non, toujours avec la compagnie AOI dont il est un des fondateurs. Son univers néo-punk et pop-sale est suffisamment éclairé et apaisé pour provoquer sans heurter, embrassant des publics de tous âges, zonant poétiquement sur des sujets variés, tels la décadence de nos supers héros, le chaos et ses équations risquées, etc. Il déclare également avoir trouvé en la personne de Thomas Gonzalez un véritable ami ainsi qu’un collaborateur artistique efficace, avec lequel il travaille donc autour de l’œuvre de Viripaev, et peut-être dans un futur radieux,  sur  « Massacre à Paris » de Christopher Marlowe.

     
    L'auteur : Youssef Rakha est un auteur qu’ici en France on ne peut rencontrer que sur le net. C’est presque tout à fait vrai. Il est journaliste, essayiste, blogueur, photographe, romancier, et certainement d'autres choses encore. Il a publié une chronique qu’on dit époustouflante des révolutions récentes qui ont tramé le destin de l’Egypte ses dernières années, chronique en forme de roman titanesque que nous ne lirons probablement jamais car apparemment la France et ses éditeurs ne semblent pas en être avide, en tout cas pas pour le moment. 

     

    Argument : Che Nawwarah est un matériau neuf. Il est le fruit de l’appétit d’un homme, d’un auteur, pour les récits explosés, de mauvaise foi, contradictoires, agaçants, misérables, vifs. Ce que sont souvent les héros, et les récits qui les accompagnent. Ici c’est un cache-cache avec l’interlocuteur, un jeu de dupe, un exercice de ventriloquie qui interroge celui qui parle et celui qui écoute lorsque tous ensemble l’on veut parler des « évènements ». Nous ne savons pas ce que veut dire "jeunesse" dans l'absolu, et nous n'avons qu'une vague idée des "révolutions", mais il s'agira peut être de cela avec les élèves de troisième année: tester ce que la littérature d'un "jeune" "auteur" "égyptien" interroge d'énergie, d'impuissance et d'intelligence quand le récit de nous-même s'agite, s’effiloche et se carbonise au soleil de l'Histoire qui se précipite; que choisirons nous d'en raconter? comment? et surtout... à qui?