ENSEMBLE 35
Pendant cinq semaines, les élèves-comédien·nes de première année de l'ERACM, l'Ensemble 35, ont travaillé avec Maïa Sandoz, comédienne, autrice et metteuse en scène. Cet atelier s'est conclu par des restitutions, menées en lien avec l'atelier d'interprétation des deuxièmes années.
Maïa Sandoz : une artiste aux multiples pratiques
Co-directrice artistique de la Compagnie L'Argument, Maïa Sandoz se forme à l'école du Studio-Théâtre d'Asnières, puis à l'école du Théâtre National de Bretagne. Membre fondatrice du Collectif D.R.A.O et de La Generale, elle joue au théâtre et au cinéma (notamment sous la direction de Bertrand Bonello) et collabore aux spectacles de Blanche Gardin, de Frédéric Danos et de Kelly Rivière. Elle met en scène principalement du théâtre contemporain (Müller, Massini, Mayenburg, Kelly), traduit et met en scène Beaucoup de bruit pour rien avec Paul Moulin, et signe en 2024 son premier spectacle jeune public, R.O.B.I.N. Elle intervient également dans de nombreuses écoles et structures de formation, dont le TNBA, l'Atelier Cité du Théâtre de la Cité de Toulouse et le Studio-ESCA d'Asnières.
Cinq semaines de travail avec l'Ensemble 35
Le travail prend pour matériau les répétitions de Bizarra, dirigées par Pierre Maillet avec les élèves-comédien·nes de deuxième année de l'ERACM. L'enjeu n'est pas d'en produire un commentaire, mais d'en faire le point de départ d'une écriture de plateau.
Deux créations se construisent simultanément. L'une répète Bizarra. L'autre fait de cette répétition son terrain d'observation et son matériau de création. À travers ce dispositif en miroir, les élèves-comédien·nes développent une pratique de l'observation, constituent un corpus documentaire, expérimentent différents protocoles d'improvisation et élaborent une dramaturgie à partir des traces recueillies.
Le plateau devient un espace d'expérience où le réel et son observation coexistent pour produire de la fiction, une contre-réalité. C'est un théâtre quantique : chaque geste ouvre plusieurs hypothèses de jeu, les situations se fragmentent, se déplacent et se rejouent.
Au contact de l'écriture foisonnante, politique et joyeusement excessive de Rafael Spregelburd, et du travail de Pierre Maillet, le projet interroge un présent traversé par les fragilités politiques, économiques et artistiques de notre époque. Il s'agit de travailler avec l'instable plutôt que contre lui, d'observer le réel sans le figer et de faire de l'incertitude un moteur de création.
Observer, documenter, extrapoler, inventer : la répétition devient un laboratoire vivant où les jeunes acteur·ices déploient leur imaginaire et multiplient les possibles.
Les restitutions ont permis aux deux promotions de se retrouver autour du plateau et de partager l'avancée de leur recherche. Ce croisement entre premières et deuxièmes années fait partie de ce qui nourrit la vie de l'école.
Merci à Maïa Sandoz pour son engagement et pour l'énergie qu'elle a transmise aux élèves-comédien·nes de l'Ensemble 35.