PETIT-BON-DIEU

24 ET 25 MAI 2024
TNN - SALLE DES FRANCISCAINS

atelier de recherche jeune public

L’atelier de Recherche des Écritures « Jeune Public » est une introduction à la découverte des singularités thématiques et esthétiques du répertoire théâtral contemporain jeune public. Il permet de transmettre le goût des textes destinés à tous les publics et en particulier aux plus jeunes. Nombre d’auteurs et de créateurs contemporains s’empare en effet des enjeux et des spécificités passionnantes des écritures « jeunesse».
Cette unité d’enseignement a pour but une approche sensible, réflexive et scénique de ces textes dramatiques, depuis une étude de ses spécificités jusqu’à la mise en espace, en passant par la constitution d’un espace de dialogue et de débat. Les élèves sont associés aux équipes de deux Scènes Conventionnées d’Intêret National Art, Enfance et Jeunesse : Théâtre de la Licorne (Cannes) et Théâtre Massalia (Marseille) ; ils sont invités à lire près de trente textes adressés par différentes institutions théâtrales. Également associés à deux metteuses en scène, les élèves comédiens sélectionnent deux textes lors d’un comité de lecture parmi une sélection d’oeuvres contemporaines. Les deux oeuvres choisies feront l’objet d’une mise en espace en troisième année.


PETIT-BON-DIEU

Texte de Valery Pecheikin, traduit du russe par Polina Panassenko
Mise en scène Bérangère Vantusso avec l’Ensemble 30

Distribution
Maël Chekaoui, Victor Franzini, Kélian Garau, Gaspard Juan, Marie Mangin, Julia Touam

Scénographie Bertrand Nodet

résumé

Dans la clairière d’une forêt féerique vivent paisiblement des petits animaux. Ils passent leurs journées à boire du thé et manger de la confiture. L’un après l’autre, ils disent se rendre derrière un petit buisson pour prier Petit-Bon-Dieu. Dans cette forêt où Souriceau est le chef, l’euphémisation du langage est la règle.
Chacun doit « parler comme si tout était petit et pouvait tenir sur une seule de ses dents. » L’arrivée d’un Chaton noir venu de l’extérieur dévoile le problème central de cette communauté : ils ne parviennent pas à s’avouer qu’ils font des « crottes ». Peu à peu, la nature du régime installé par Souriceau se révèle et confronte les petits animaux à leurs propres contradictions.

note d’intention

Petit-Bon-Dieu est une pièce satirique dans laquelle la destruction du langage opère par le biais d’euphémismes. La distinction des notions de bien et de mal, de mensonge et de vérité s’en trouve directement affectée et le confort de la « forêt féerique » tient avant tout sur l’hypocrisie générale, les petits arrangements personnels et la mise à l’écart des perturbateurs. La pièce questionne les mécanismes collectifs et le prix de la vérité comparée au réconfort du mensonge.
Le comique naît de l’outrance du langage, de ses sonorités, du mélange des registres et de ses contrastes mais aussi de l’absurde des situations. Le rire se fait jaune dès lors qu’on reconnaît dans le fonctionnement de cette société bestiale les travers du monde contemporain.
Dans un univers acidulé de peluches multicolores, Bérangère Vantusso s’empare de cette fable avec le désir de partager avec les jeunes spectateurs l’humour noir de Pecheikin ainsi qu’une réflexion tragi-comique sur les rouages de l’âme humaine.

Bérangère Vantusso

Maison Antoine Vitez [soutien à la traduction]

Valery Pecheikin décrit Petit-Bon-Dieu comme “une pièce pour adultes qui traite de problèmes d’enfants. Car en tant que société, nous traversons en ce moment l’étape de “questions d’enfants” : pourquoi faut-il faire le bien et pas le mal ? Une question banale appelle toujours une réponse non banale.”
Pour Petit-Bon-Dieu, Pecheikin s’est inspiré du modèle familial patriarcal traditionnel (que l’on retrouve dans plusieurs de ses pièces) et l’a élargi à une société de petits animaux. Un peuple infantilisé pour lequel Souriceau ferait figure de père. On peut voir en Petit-Bon-Dieu un pamphlet politique où l’on reconnaîtrait Vladimir Poutine dans le personnage de Souriceau et Kirill Serebrennikov ou encore Alexeï Navalny en Cigogneau. Néanmoins, la pièce écrite avant le début de “l’affaire Serebrennikov” dresse un portrait social qui ne se limite pas à la Russie contemporaine.
Que l’on y lise une satire familiale ou politique, Petit-Bon-Dieu pose la question du bien et du mal mais aussi celle du prix de la vérité comparée au réconfort du mensonge. On trouve dans les discussions de Chaton et Souriceau des échos des échanges entre Luca et Satine dans Les Bas-fonds de Gorki mais aussi du discours d’Ivan dans Les Frères Karamazov sur le prix des larmes d’un enfant. Face au choix de rester dans la forêt enchantée ou repartir d’où il vient, Chaton commence d’abord par accepter les conditions de Souriceau. Or, le confort de la forêt féerique tient sur l’hypocrisie générale, l’oubli du passé et l’élimination des dissidents. Le sacrifice de la vie de Cigogneau lui semblera être un prix trop élevé.
“Le mensonge est la religion des esclaves et des patrons... La vérité est le dieu de l'homme libre” écrit Gorki. Avec Petit-Bon-Dieu, Pecheikin explore l’espace qui se situe entre les deux. La zone grise.


présentation publique

Vendredi 24 mai 2024 - 20h
Samedi 25 mai 2024 - 15h

Lieu
NICE - TNN - Salle des Franciscains

Billetterie TNN

Tél : 04 93 13 19 00

Photo Bertrand Nodet
Photo Bertrand Nodet